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Créer sa propre tradition Ian Bartholomew - Taipei Times (11/05/2002)
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« Dans Bastard, la première création de Lin recourant au multimédia, les images ont été conçues par le célèbre réalisateur Tsai Ming Liang […]. Son style est particulièrement approprié à l'atmosphère urbaine de Bastard. Et les ombres chinoises permettent aux deux danseurs de jouer non seulement l'un avec l'autre, mais aussi avec l'image de l'autre. Ces images sont ensuite manipulées et projetées sur les écrans mobiles qui forment le seul décor d'une scène minimaliste […].
La musique de Frédéric Blin est conçue à partir de sons quotidiens de Taipei. Au cours d'un passage saisissant, les danseurs évoluent sur une base rythmique à laquelle sont intégrés des bruits - retravaillés - captés dans les rues de Taipei, notamment le "ding dong" bien reconnaissable qui ponctue les entrées dans les magasins 7 Eleven [chaîne d'épiceries] : le résultat est remarquable. Blin, qui a collaboré plusieurs fois avec Lin, explique combien l'interaction musique-chorégraphie s'est complexifiée dans Bastard, où la musique trouve un écho dans le mouvement et vice-versa. L'alliance de la techno, de chants chinois et d'autres univers musicaux caractéristiques, qui rend la danse très éloquente pour les Taiwanais, est emplie d'une vibration très urbaine, de tension, voire de tristesse.
La chorégraphie sensuelle de Lin se nourrit de nombreuses sources, mais son héritage de l'Opéra de Pékin est particulièrement identifiable. Cependant, même lorsqu'il intègre à son travail des chants ou des mouvements directement issus de cette tradition, il s'attache à fuir l'"exotisme", qui ne représente à ses yeux que du folklore à consommer : "je n'ai jamais souhaité me défaire de cet héritage. Je suis heureux de l'avoir. Mais il doit trouver un moyen de "briller" dans le monde moderne […]." Bien qu'il ait délaissé les attributs de l'Opéra, il est conscient de ce que sa formation classique lui a apporté. "Le spectacle est comme un canard gracieux sur un étang. Mais si vous regardez sous l'eau, vous le verrez battre furieusement des pattes. C'est exactement le rôle que joue la tradition. Elle rend possible la beauté et la grâce au-dessus de l'eau. » |
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Drôle de Pékin David S. Tran - Le Progrès (30/01/02) |
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« C'est Maguy Marin qui, en 1996, avait poussé Lin Yuan Shang à créer son premier voyage solo, "Où m'emmenez-vous en voyage cette nuit ?" Une danse tendue à l'extrême, avec son corps qui se déploie ou s'arc-boute, et un filet de lumière pour unique décor.
Aujourd'hui, voici "Chinese Bastard", un duo très sophistiqué, avec vidéos aussi nocturnes que bizarroïdes du très branché Tsai Ming Liang, et surtout, des triturations sonores de toute beauté. Et toujours cette sobriété qui le protège des excès de techniques "made in Taiwan" comme des clichés à l'occidentale.
Le "bâtard chinois", c'est lui. Moitié canard laqué, moitié confit. Elevé à l'Opéra de Pékin, affranchi par Mnouchkine. Souvenir de karaoké, parfum des "Chunking express" qui sentent bon la bouffe. Ombres chinoises et kaléidoscope musical.
Entre folklore kitsch et atmosphères plus inquiétantes, le râblé Lin Yuan Shang et la grande Yang Wei Chen mènent à la baguette un désordre aigre-doux qui n'a rien d'un ragoût bâtard : c'est personnel et copieux, dansé et pensé, pas comme ces spectacles "métissés" qui possèdent trois notes de world music pour tout passeport.
Où nous emmènent-ils voyager cette nuit ? Ici, là-bas, devant et derrière les écrans. C'est si dépaysant qu'on a du mal à atterrir. » |
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Tasca-ien Thomas Hahn - Ballet Tanz (mars 2002) |
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« […] A ce titre, une mesure financière "multimédia-danse" a été lancée en 2001. Cinq projets en ont déjà bénéficié, dont le séduisant "Chinese Bastard" de Lin Yuan Shang - un duo dans lequel se mêlent l'Orient et l'Occident, les formes animales et humaines, la performance et la danse, les chansons chinoises et les collages sonores électroniques, les personnages créés par informatique et les corps éclairés d'or. » |
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L’exil intérieur d’un créateur chinois Philippe Noisette - Danser (février 2002) |
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« Natif de Taiwan, élève à l’Opéra de Pékin, puis interprète d’Ariane Mnouchkine et de Maguy Marin, Lin Yuan Shang signe avec « Chinese Bastard » sa cinquième création.
Sur scène, il danse avec Yang Wei Chen les contradictions d’un enfant de la balle et de l’exil : à son écriture contemporaine déliée se mêlent des réminiscences plus traditionnelles qui ne sont pas sans rappeler les mouvements de l’Opéra de Pékin. […]
On se souviendra longtemps de Lin Yuan Shang, sur une jambe tendue ou pliée, qui détaille sa gestuelle jusqu’au bout des doigts. » |
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Chinese Bastard Anne Van Hove - Mouvement (01/02) |
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« Le duo "Chinese Bastard" de Lin Yuan Shang et Yang Wei Chen mêle images vidéo et danse en un dialogue complice. Le dispositif auquel a collaboré le grand réalisateur taiwanais Tsai Ming Liang épouse adroitement l'écriture chorégraphique.
Les images (électroniques et cinématographiques, jeux d'ombre) encadrent, prolongent, ou réfléchissent les gestes. Elles sont projetées sur deux grands panneaux à roulettes que déplacent les danseurs modulant ainsi leur propre espace de représentation dans un rapport de scène bifrontal.
Cette configuration en symétrie axiale des images, des corps et du public est le fruit d'un précédent travail dit " première ébauche d'un spectacle en devenir" présenté en juin 2001 au CND ; Lin Yuan Shang y exécute un solo de 30' pendant lequel des écrans reçoivent la projection intermittente de son image, ombre, silhouette, multipliés, déformés, parfois esthétisée. Le mariage heureux de ces corps charnels et virtuels célèbre l'union des divers états qui le traversent, temporels et identitaires.
Ce sont ces doubles qu'incarne la danseuse Yang Wei Chen qui, au côté du chorégraphe, exécute une danse à la même sensualité souple et féline. Un clone où se répondent masculin-féminin, tradition-modernité, où la danse, de facture occidentale est chargée de mémoire asiatique…
Entre origine et métissage, Lin Yuan Shang se dit "bâtard" de ces mélanges d'étapes, de vies, de pays traversés. On y entend le clocher de l'opéra de Pékin, le coup de baguette du maître d'école… Clin d'œil au petit garçon de Taiwan qui, à la croisée de ces pôles, invente par la danse sa place dans le monde. » |
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La philosophie du canard laqué TAIPEI - Le Journal de la vie (10/05/2002) |
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« Lin Yuan Shang, d'origine taiwanaise, vit actuellement en France. Mais il est loin d'être inconnu du public taiwanais, puisqu'il revient régulièrement nous présenter ses créations et nous faire partager la joie et l'émotion qui caractérisent son parcours - depuis l'Opéra de Pékin jusqu'à la danse contemporaine.
Sa dernière pièce, Bastard, donne plus particulièrement à voir l'autoportrait d'un artiste au croisement de cultures différentes, par le biais du langage du corps, de l'image, de la musique et de l'auto-dérision...
Le corps de Lin Yuan Shang est tout en fluidité ; l'énergie part du centre et initie les mouvements des quatre membres, donnant naissance à des gestes libres. Aux techniques de la danse contemporaine occidentale, il ajoute les codes de l'Opéra de Pékin, ce qui confère une couleur toute particulière à son style. C'est cette connivence que Bastard donne à voir : non seulement de la danse, mais aussi l'Occident, l'Orient, de l'émotion, une réflexion - la recherche, le décalage, la rencontre, le flux du temps et de l'espace. Tout cela sur le support qu'offre la tradition avec l'attrait de la modernité. […]
Les deux danseurs sont en mouvement constant, en recherche permanente ; parfois ils se croisent. A la recherche de soi-même ou de l'autre ? Le langage du corps met en lumière un lien sentimental qui ne peut être expliqué.
Les images de Tsai Ming Liang placent la pièce dans un temps particulier qui convient merveilleusement aux interrogations que suscite Bastard. Lorsque l'on abandonne un univers, que reste-t-il ? Grandir, découvrir ? Blessure ou mémoire? […]
A la fin de la pièce, Lin Yuan Shang nous montre un corps qui navigue entre la tradition, l'Opéra de Pékin, la musique classique occidentale et les chansons d'amour. Il se dirige, petit à petit, vers une nouvelle identité, ni tout à fait occidentale ni totalement orientale, mais qui représente l'état d'esprit d'un artiste nourri par des cultures différentes. » |
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Un reflet de l'errance culturelle TAIPEI - Journal de la Libération (10/05/2002) |
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« La compagnie française Eolipile, soutenue à Taiwan par le Conseil des Affaires Culturelles de Taiwan et l'Institut Français de Taipei, donnera ce soir une représentation de Bastard, qui exprime, mêlant art et technique moderne, le " désordre" des expériences culturelles contemporaines.
Dans la presse française, on a pu lire au sujet de Lin Yuan Shang : "un artiste d'une grande originalité, qui a su se frayer un chemin hors des sentiers "classiques" ou "contemporains". On pourrait ajouter qu'il est parvenu à transposer sur scène son expérience du voyage et de la différence des cultures. La danse, les images de Tsai Ming Liang, la musique et la lumière […] donnent à voir des silhouettes errantes, sans appartenance, qui diffusent pourtant une impression de permanence : ainsi pourrait-on résumer l'état d'esprit de Bastard. […]
Lin Yuan Shang explique que Bastard rend compte du regard qu'il porte sur son identité multiculturelle. "Je refuse de porter une étiquette. Je ne veux pas non plus profiter de l'attrait qu'exerce l'"exotisme", et encore moins faire un fonds de commerce de mes racines chinoises. Pas plus que je ne veux feindre d'être français".
Dans sa pièce, les deux danseurs se croisent sur une scène bifrontale. Leurs silhouettes, projetées sur les écrans, participent à la création d'une atmosphère entre vide et réel, où le corps donne à voir des identités changeantes, au-delà du temps et de l'espace. » |
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