1. Le Chan

    Le Chan
Une étincelle d'éternité trouve son inspiration dans l'Ecole de l'Illumination (Ecole du Dhyâna), fondée vers 520 après Jésus-Christ. L'ultime finalité du Chan, version chinoise du Zen, est l'Illumination, soudaine prise de conscience de l'intelligence innée. Fruit d'un long travail de recherche personnelle, elle peut survenir en un clin d'œil, dans l'incident le plus trivial de la vie quotidienne : un renversement qui met tout sens dessus dessous et s'impose comme la vérité la plus simple.

Une étincelle d'éternité n'explique pas cette philosophie. Au contraire, nous sommes invités à en faire directement l'expérience. Le Chan trouve énergie et puissance dans la scansion de prières, les séances de méditation active, un retour à la nature et à ses éléments fondamentaux. Il s'agit bien, avant tout, d'entrer en état de Chan.

L'expérience personnelle
Aux trois règles fixées par Bouddha - morale, calme et sagesse - le Chan a ajouté le travail, très souvent manuel, comme mise en pratique de la recherche philosophique. Il faut en effet "que les muscles et les nerfs soient des serviteurs de l'esprit toujours prêts et absolument obéissants, et non que l'esprit soit prêt et la chair faible." Ce travail permet de renouer un contact privilégié avec la nature.
La vérité du Chan se trouve dans la vérité de la vie. Or la vie se réalise dans le mouvement, l'action, et non seulement la réflexion. L'expérience personnelle est donc favorisée : la recherche du Chan implique de multiples exercices tant intellectuels que physiques pour éprouver la vie.

La relation maître - élève
Quatre règles organisent l'enseignement du Chan : transmettre sans passer par l'écrit ; ne dépendre en aucune façon des mots ; se diriger directement vers l'âme des hommes ; contempler sa propre nature et réaliser l'état de Bouddha. Le maître n'explique pas. Il indique, d'une manière parfois rude, directe ou apparemment absurde, le chemin vers l'illumination.

Les insignes
Portés par les maîtres lorsqu'ils se rendent en salle de méditation, le fouet et le bâton sont les instruments favoris de démonstration du Chan. "Lorsque l'on sait ce qu'est le bâton, toute une vie d'étude consacrée au Chan se termine" (Hui-Neng).

Définir le Chan
Interrogé sur la différence entre le bouddhisme traditionnel et le Chan, le maître Qian répond : "Lorsque vient le temps froid, les volatiles s'envolent dans les arbres, tandis que le canard sauvage descend dans l'eau." Ce à quoi le maître Fa-Yi ajoute : "Voici ma réponse : lorsque l'on puise de l'eau dans ses mains, la lune s'y reflète ; lorsque l'on offre des fleurs leur parfum imprègne la robe.

"Si l'on te demande s'il existe, réponds qu'il n'existe pas,
Si l'on te questionne : "il n'y en a pas ?", réponds qu'il y en a,
A une question ordinaire, réponds par le meilleur,
A une question supérieure, réponds par la banalité,
Les deux alternatives forment ensemble la cause,
C'est là que se trouve la voie."
Hui-Neng, Vle patriarche du Chan, vers 800 après Jésus-Christ
     
  2. Article de presse

   

Orianne Charpentier - Le Monde / Aden [23/04/2003]
"L'essentiel n'est pas de savoir faire mais de savoir être - A travers la danse, le chorégraphe Lin Yuan Shang entraîne les enfants (… et les autres !) dans une quête philosophique.
Sa création, interprétée par deux danseuses - l'une européenne, l'autre asiatique, il la destine à un jeune public. Peut-être parce qu'elle traite de problématiques liées à l'enfance : le rapport à l'autre, le conflit, la différence… Ou peut-être pas : pour lui, tout expliquer n'a pas de sens. L'important, ce n'est pas de comprendre, mais de sentir".